MIRAGES
Il y a, dans le mot mirage, un soupçon de défaillance. Quelque chose qui vacille, qui n'est peut-être pas là, qui pourtant laisse une trace. Une chaleur sur la rétine, un parfum qui s'attarde, une couleur qu'on croit avoir vue. À travers deux pratiques photographiques suisses, l'exposition explore ce territoire incertain, où le visible se déplace, où le regard invente autant qu'il enregistre.
ETIENNE FRANCEY
Etienne Francey photographie la nature comme on peindrait un souvenir. Dans ses images, un narcisse se démultiplie en stroboscopie, les coquelicots deviennent des traits de couleur, les champs se mettent à danser. Tout est capté à la prise de vue, à l'aide de miroirs, de flashs, de papiers glissés devant l'objectif et de ce geste vif qui trouble l'échelle et suspend le temps. Ses fleurs sont des apparitions : elles existent, elles s'effacent, comme au bord d'un rêve qu'il faut saisir avant qu'il ne se défasse.
ONOKO
Onoko – Manon Duparc et François Pain – travaille l'autre versant du mirage : celui où plus rien n'est reconnaissable, où il ne reste que la couleur, la lumière, le souffle. Leur série Percept abandonne toute forme identifiable pour ne garder que l'atmosphère pure, ces dégradations que l'œil croit connaître sans pouvoir les nommer. Tirées sur papiers japonais aux « fibres de lumière », leurs images semblent respirer. Elles ne montrent rien, et pourtant elles montrent tout ce que l'on ressent avant de comprendre.









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